À LA RENCONTRE DE TUTEURS
Valérie, directrice d’antenne dans une radio
Valérie THORIN est directrice d’antenne dans une radio à Paris. Elle nous raconte comment elle a investi son rôle de tutrice de volontaires en Service Civique depuis quelques années et son lien avec VISA-AD.
Pouvez-vous nous présenter la structure dans laquelle vous êtes ?
Fréquence Protestante est une radio associative, une radio laïque, culturelle et généraliste, mais fidèle aux valeurs de la Réforme.
Quel.le y est votre fonction / rôle? Depuis combien de temps ?
Je suis directrice d’antenne, et journaliste de métier. J’y suis depuis 2019.
Et depuis combien de temps êtes-vous tutrice de volontaires ?
Dès mon arrivée à la radio, donc depuis 7 ans.
A quelle fréquence faites-vous des points avec le.s volontaire.s que vous accompagnez ? (hebdomadaire/mensuel…)
Je n’ai pas de rythme régulier, mais je m’inquiète toujours de savoir si tout va bien, si ma volontaire est heureuse avec nous et si rien ne cloche nulle part.
Quels sujets abordez-vous durant les points que vous faites avec le.s volontaire.s que vous accompagnez ?
(sa mission/ tâches/ implication/ ses ressentis…)
Nous parlons de sa mission, des différentes tâches que je lui confie car elle s’occupe des réseaux sociaux, du flash d’information en studio à la prise d’antenne, et elle va sur le terrain pour des reportages journalistiques. Elle fait également son propre montage sonore. Je veille à ce que ses activités soient variées, pour la mettre en contact avec tous les métiers dans une radio.
Encouragez-vous que le.la volontaire puisse mettre en place un ou plusieurs projet.s personnel.s dans la structure ? Si oui lesquels?
Oui. Pour les reportages, c’est elle qui décide des sujets qui l’intéressent. Je lui donne mon avis, mais ensuite, elle s’y rend seule. Au début, elle est allée en binôme avec notre journaliste salarié, et avec les stagiaires, mais maintenant elle est davantage assurée. Y compris pour se faire accréditer auprès des organisateurs d’événements, et pour les interviews bien sûr. Je reste néanmoins joignable si la volontaire devait avoir besoin de me contacter lorsqu’elle est sur le terrain en autonomie.
Parlez-vous avec lui / elle de son projet d’avenir (l’après volontariat) ?
Non, pas encore pour l’actuelle volontaire. J’en parle à l’arrivée du printemps, en général, car sinon les jeunes ne savent pas trop… Au moment des concours de journalisme, ou des demandes d’alternance professionnelle, ils se déterminent plus volontiers.
Que faites-vous quand vous ne le.la sentez pas à l’aise / pas impliqué.e dans sa mission ?
Ce n’est jamais arrivé avec ma volontaire actuelle, mais dans le passé c’est arrivé. A ce moment-là on parle, je lui pose des questions sur ce qui ne va pas, est-ce professionnel ? Personnel ? Que peut-on faire, ou imaginer, pour résoudre ces difficultés ? Et si c’est la mission elle-même qui ne convient pas, parce qu’elle implique trop d’autonomie, j’essaie d’être rassurante, de montrer que toute l’équipe est là pour aider. Et par ailleurs, j’en parle à l’équipe, pour que nous soyons tous davantage encadrants.
Avez-vous été amené à adapter la mission initialement prévue afin qu’elle corresponde au mieux au profil du volontaire ? Si oui, en quoi ?
Non, ça ne m’est jamais arrivé. Je dois dire que VISA-AD m’adresse toujours des profils qui correspondent à ma demande et à mes possibilités.
Quel lien avez-vous avec la coordinatrice VISA-AD?
Elle sait exactement ce que je souhaite, quand elle m’adresse quelqu’un qui n’est pas tout-à-fait dans cet axe, elle me le dit. C’est une forme de complicité très agréable.
Pouvez-vous nous raconter une anecdote positive dans votre fonction de tutrice ?
J’ai une grande réussite : c’est un jeune, tout juste majeur à l’entrée dans sa mission, déscolarisé, un peu déstabilisé sur le plan familial. Il a passé plusieurs jours à somnoler dans les locaux de la radio et vivre la nuit. Il ressemblait à… un ado ! Puis au bout de quelques jours, il s’est intéressé à ce que nous faisions. Comme il aimait la vidéo, la technique en régie a retenu son attention. Puis le micro. Il voulait devenir comédien… sans en être bien sûr. Il a parlé avec des comédiens professionnels, qui animent des émissions chez nous ou simplement des invités… Il a fait de l’animation, des voix, et de la régie, de plus en plus de régie. Finalement, il a postulé pour intégrer une classe intermédiaire à l’Institut national audiovisuel, parce qu’il n’avait pas le bac. Puis il a passé un BTS, il a trouvé une alternance pro de deux ans. Aujourd’hui, il travaille pour un producteur. Je suis vraiment fière de lui !
Pouvez-vous nous partager une citation inspirante pour vous?
Non… je n’en ai pas… la vie – ma vie – est si surprenante et si diverse que je n’ai pas ce genre de repère…

